ISSUES de Sébastien Roux

Le disque vinyle Issues est le fruit de l’invitation faite au compositeur Sébastien Roux de littéralement composer à partir de la collection de six numéros de la revue d’art contemporain sur le son VOLUME parus entre 2010 et 2013, s’emparant de ce corpus textuel comme d’un générateur de partitions à élaborer puis (faire) interpréter. Ainsi, dans la continuité de certains projets qui ont ponctuellement dialogué avec la revue papier, VOLUME se donne aujourd’hui à entendre à travers ce disque dont les six pièces sonores « traduisent » respectivement chaque numéro selon un protocole spécifique.

Une occasion de se (re)plonger dans VOLUME et d’en prolonger tout en les renouvelant la présence et la lecture.

Sébastien Roux (1977) mène une carrière de compositeur multipliant, en solo comme dans le cadre de collaborations, concerts de musique acousmatique/électro-acoustique, improvisation, performances audiovisuelles, compositions pour la danse, créations radiophoniques, ciné-concerts et installations sonores. Son travail est documenté par les labels Brocoli, Apestaartje, 12k, Carpark, Room40, n-rec, Optical Sound, Tiramizu, Tsuku Boshi et Future Audio Graphics.

 

Extrait du texte de Christophe Gallois accompagnant le disque :

Au-delà de la lecture qu’il nous offre de la revue VOLUME, Sébastien Roux, partant d’éléments sonores issus de textes qui sont eux-mêmes le fruit d’un travail d’observation et d’écoute, nous invite également à une réflexion sur les questions de processus et de relation aux sons. On peut y lire, en creux, une mise en cause de la trop grande primauté qu’accorde parfois la musique électroacoustique aux sons, au détriment de la forme, l’infinité des possibilités pouvant placer la subjectivité de celui qui les organise dans une posture hégémonique. Face à cet écueil, Sébastien Roux affirme le potentiel de la contrainte, de la procédure, d’une construction à partir d’un matériau donné. Son œuvre se situe sur cette ligne fragile, mince, ténue entre la volonté d’embrasser tout le champ des possibles et celle de ne pas se placer en dehors ou au-dessus de ce champ, mais bien au cœur de celui-ci. Une ligne que John Cage décrivait à sa manière quand, dans l’une de ses formules saisissantes, il faisait l’hypothèse d’une « purposeful purposelessness », d’une « non finalité déterminée ».

 

 

Issues, Sébastien Roux
LP 33 tours
2 faces, 6 pistes